1ère compagnie : même les « critiques » sont aux ordres.

Publié le par Xavier Knoepffler

Pour tous ceux dont le bouton 1 de la télécommande n’est pas en panne, il a été difficile de ne pas tomber ne serait-ce qu’une fois sur le nouveau programme loboendemolisé de TF1, 1ère compagnie : le principe est immonde, les comédiens indigestes, les décors bidons et les animateurs pathétiques. Bref ! Rien de nouveau sous le soleil d’Alexia Laroche-Joubert, qui n’en est pas à son premier fait d’armes. Elle est en effet déjà à l’origine de tout ce qui se fait de mieux en matière de télé-réalité depuis près de 4 ans. Ne lui jetons néanmoins pas la première grenade, puisqu’en matière d’exhibition de l’intimité, elle a donné de sa personne, avec l’épisode médiatisé de l’accident de son mari, et celui plus comique du récit de la clochardisation de son père.

Endemol, critique molle.

Saluons même la performance d’Endemol à transformer toute critique en une occasion de créer une audience supplémentaire.

" Le monde " s’était signalé au Printemps 2001 en titrant chaque jour en Une sur un non-événement du Loft.

Au temps de " la Ferme ", la Gauche au sens large du terme - jeunesse socialiste, syndicats paysans, écologistes… - avait créé un indéniable buzz autour de la Ferme, avant même la diffusion du jeu. Et déjà, Jean-Marc Morandini et Guy Carlier avaient fait leurs choux gras de la télé-réalité, le premier, dans son émission sur Europe 1, traitant par exemple le scoop de l’emplacement de la Ferme, comme s’il s’agissait de la planque d’Ousama Ben Laden, le second, tout au long de ses chroniques sur France Inter, demandant de couvrir le sein de Danièle Gilbert qu’il ne savait voir.

Du coup, pour la 1ère compagnie, les 2 compères ont rempilé, chacun de leur coté. " Le seul journal de la télévision… " piloté par Jean Marc Morandini a commencé son buzz en polémiquant sur l’image que véhicule l’émission sur les militaires. La polémique n’ayant pas prise, il s’est alors tourné vers le syndicat d’initiative de Guyane, qui n’a trouvé rien à redire. Coup d’épée dans l’eau. Heureusement, Morandini s’est rabattu sur les bruits de couloir à propos des has-been qui allaient participer à ce survival-game. Merci Endemol.

Guy Carlier, lui, est certainement bien content de se plaindre de l’indigence et l’impudeur de ce programme : Il est en effet un peu fatigué, et ses auditeurs aussi d’ailleurs, de n’avoir que les meilleurs morceaux du " maillon faible " à nous donner en pâture le reste de l’année. Pour réparer ses récents égarements télévisuels chez Fogiel, il s’est d’ailleurs atteler à fabriquer son style à lui, un mélange d’humour et de morale empreinte de sensiblerie : il cite quelques extraits bien ridicules de 1ère Compagnie – Merci Endemol - pour mieux en ressortir une philosophie de la vie du type " les méchants ne sont pas gentils".

L’amour propre en solde.

Il est vrai que s’ils critiquaient l’émission à la hauteur du mépris qu’ils affichent à longueur d’émission, cela ferait bien longtemps que ni Carlier ni Morandini n’en parlerait plus, quitte à ne pas nous inciter à la regarder : Pour en finir de nous polluer les oreilles avec 1ère Compagnie, ils auraient tordu le cou à 2 croyances :

  1. 1) La télé réalité a toujours été dénoncée parce qu’elle ne reflétait en rien la réalité, il était même suspecté que des scénarii soient préécrits du temps de Loftstory : Avec des acteurs professionnels payés grassement pour cela, vous pensez bien qu’ils ne se sont pas gênés de leur attribuer des rôles par avance : Marlène dans le rôle de la chaudasse (le faux blasé Carlier s’en délecte d’avance, mais quitte à décevoir les puceaux et les voyeurs, rien ne se passera), Castaldi dans le rôle du fayot (qui pourrait raisonnablement croire, à part Morandini peut-être, que le vrai JP Castaldi est aussi servile ? franchement !), Roucas dans le rôle de la victime expiatoire…
  2. 2) Carlier s’est fait une spécialité de dénoncer cette peur du téléphone qui ne sonne pas, pour expliquer pourquoi les " has-been " acceptent de se faire humilier de la sorte. Mais, aucun des ex- de la Ferme (à part Dechavanne, mais ça, c’est différent) n’a pu faire un come-back suite à cette émission. Pourquoi ne pas avoir simplement évoqué le fait que seul l’appât du gain a pu les intéresser ? Cela n’éveillerait pas la sensibilité des auditeurs tout simplement. Il vaut mieux terminer son papier sur cette image écornée de la vieille star défraichie, cliché Bette-davisien, qui doit certainement parler à nos deux critiques cathodiques pratiquants.

Finalement, Morandini et Carlier sont comme nous : ils projettent leurs fantasmes dans les émissions de la télé-réalité. Le fantasme de la réussite télévisuelle pour Morandini, qui, le naturel revenant au galop, reste d’autant plus admirateur des gros succès en télévision, que les ficelles sont grosses. Ne zappez pas.

Le fantasme de la Rédemption pour Guy Carlier, qui n’a de cesse d’expier son expérience passé de directeur financier qui colle mal avec les émissions qu’il co-anime, le tout amplifié par un énorme besoin d’être aimé.

Publié dans lescahiersdelatele

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