Célibattantes ou femmes battues : pas d'autre alternative?

Publié le par Xavier Knoepffler

Célibattantes ou femmes battues : pas d’autre alternative ?

 

Ouf !les commémorations du 8 mars sont passées. On les a vu surtout sur les chaînes publiques (le 8 mars dernier, 2 émissions étaient en concurrence en prime time sur France 2 et Arte, et 2 également en 2ème partie de soirée sur France 2 et France3) les chaînes privées Canal + et M6 ont quant à elles décalé leur hommage, via un concert Ni putes ni soumises diffusé en février dernier pour la chaîne cryptée, et via « le Bachelor » diffusée hier mercredi pour la petite chaîne qui monte !

Au vu de ces émissions, il apparaît que la population féminine est divisée en 2 :

-         les célibattantes, d’un coté, des destins exceptionnels, Mercedes Erra, business successful woman, qui a donné naissance à 4 gosses tout en dirigeant la première agence de publicité française, une commandant d’un bateau de guerre (entre nous, une femme sur une frégate relève plus de l’incongruité que de l’extraordinaire), Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, et de vrais portraits bien touchants de femmes d’en bas, comme cette mère de 3 enfants, qui a choisi d’en adopter 16 autres (je me suis renseigné, elle utilise Pal !)

-         les femmes battues, 1 sur 10 en France (ça ne veut pas dire que les 9/10 restants sont des battantes, loin de là), les statistiques ne disent malheureusement pas si elles l’avaient mérité, des chiffres qui contrairement à ce que pense le bien-nommé site oulala .net (http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=1518)* ne montre pas forcément que c’est uniquement une spécialité française (que le premier arabe qui n’a jamais souhaité lapider sa femme, me jette la première pierre !).

 

Pourquoi diable toutes ces émissions n’ont-elles pas plutôt montré des exemples criants de la ménagère de –50 ans : les chaînes la connaissent, puisqu’elles est leur cœur de cible. Imaginons le témoignage que cela aurait pu faire.

« Ben voilà, je me lève à 6h du matin, je fais le petit déjeuner pour mon mari et mes 3 enfants, en écoutant NRJ sur mon walkman (pour ne pas les réveiller), je fais ma petite toilette intime, à 7 heures, c’est le branle-bas, je réveille mon mari, m’occupe des 2 petits (laver, habiller, coiffer), secoue l’aîné une première fois, juste le temps de regarder la météo de Romejko dans télématin, je secoue l’aîné une deuxième fois, je donne un coup de fer à la chemise de mon mari, je change le plus jeune, qui a vomi ses choco-pops, je note de prévoir un RDV chez le pédiatre, j’ouvre les volets de la chambre de l’aîné, et le menace de le priver de scooter, je lui jette à la gueule son sweat Gap, je speede le mari et les 2 petits, pour qu’ils partent, c’est l’heure de les déposer à l’école, un bisou sur la bouche, une main à travers la robe de chambre, encore le plus âgé à motiver : il s’est enfermé dans la salle de bains, pour s’enduire de Clearasil, j’en profite pour jeter un coup d’œil sur le programmé alléchant que Sophie Davant nous concocte dans « C’est au programme », chouette une spéciale vergeture !, ça y est l’aîné quitte la maison en maugréant de sa voix cassé, je peux enfin m’enfiler 2 heures de téléshopping, jusqu’à 11 heures, après, il y aura la bouffe à préparer pour les enfants, devant Pernaud, et ensuite, mon après midi « séries » s’offrira à moi (les feux de l’amour, Derrick, Ally Mc beal) »

 

C’est sûr, c’est moins glamour que la raclée qu’avait subi « la fille » de Trintignant, et ça fait moins vendeur que la jeune Souad, brûlée vive par ses frères parce qu’elle avait osé regarder dans les yeux le jeune cuistot du doner kebab du quartier voisin, c’est moins symbolique que l’éternel marronnier des femmes moins bien payées que leur alter ego masculin. D’ailleurs, à ce sujet, jamais une femme n’est venue témoigner, feuille de salaire à l’appui, de cette discrimination.

 

Pourtant, des beaux portraits de femme à faire, il en existe plein à la télé :

-         Sophie Davant, épouse exemplaire de Pierre Sled, ex-speakerine, devenue à la force du poignet chef de service du service météo de France 2 (on imagine les réunions de bureau), victime d’une violence cathodique chez Stéphane Bern, à 20H10 pétantes,

-         Tina Kieffer, ex-froufrouteuse, journaliste et patronne de presse en presse féminine, donc propagandiste à la fois de la libération de la femme (articles du magazine) et à la fois de son asservissement au diktat de la mode (les publicités qui font vivre le journal),

-         Anne Barrère, responsable de la communication de Bernadette Chirac, qui rassemble à elle seule les 2 moyens pour une femme de réussir dans la vie, l’ascendance et la promotion canapé, puisqu’elle est à la fois la fille de Igor Barrère, et la femme de Robert Namias, directeur de l’information de TF1 !

-          Evelyne Thomas : oups, désolé !

 

Je suis OK pour qu’on diffuse le 8 mars des hommages aux femmes, comme je suis d’accord que le 11 novembre l’on rende hommage aux poilus, (d’ailleurs, ne pourrait-on pas grouper ces 2 hommages en une journée des femmes poilues ?), mais, de grâce, arrêtons de faire dans le sensationnalisme et la fausse compassion, car la fausse émotion entraîne toujours des excès, et conditionne le politiquement correct.

 

 

* : cet article est un tissu de mensonges. Je ne le mets en lien, que pour son coté ultra comique et parce qu’il représente bien les dangers que je mets en avant à la fin de cet article.

 

Publié dans lescahiersdelatele

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