Heaulme sweet home : la critique du téléfilm

Publié le par Xavier Knoepffler

Un Sérial Killer débarque à la maison

Une bonne dizaine de millions de spectateurs ont du être rivés à leur écran hier soir devant l'adaptation du récit d'enquête "Dans la tête du tueur - sur les traces de Francis Heaulme" de JF Abgrall.

Cela n'est pas étonnant, ce téléfilm ayant été précédé d'une petite polémique que seuls les avocats et Morandini savent faire. Cela permet aux avocats de faire parler d'eux et à Morandini, de croire qu'il est un journaliste d'investigation.

La forme

Si visuellement, ce téléfilm ressemble comme 2 gouttes d'eau à un épisode de Corinne Touzet, au niveau du scénario et des dialogues, en revanche, on change de registre. Il n'est en effet pas nécessaire d'ajouter que toute l'histoire est basée sur des faits avérés, vécus du point de vue de l'enquêteur, et donc, chaque froncement de sourcil de Bernard Giraudeau (un bon casting, en définitive, vu qu'on a échappé à l’incontournable Francis Huster) semble véridique, chaque grimace de Thierry Frémont (là j'hésite pour Thierry Frémont, il en fait un peu trop quand même, heureusement que les dialogues le portent) ne peut pas être outrée.

L'issue, chacun la connaît, même si Heaulme n'a toujours pas avoué tous les crimes qui lui sont imputés.

Le grand intérêt de ce téléfilm est qu'il nous apprend que Heaulme n'est pas un demeuré malgré sa tête de Popeye, parce qu'il a pu passer entre les mailles des institutions à de nombreuses reprises.

Le fond

Maintenant, en regardant "dans la tête du tueur", j'ai eu le sentiment inverse qu'en visionnant "L'adversaire", film de Nicole Garcia, qui mettait en scène un autre fait divers encore tout chaud, la dérive de JC Roman jusqu'au meurtre de sa famille.

Alors que le parti pris de la réalisatrice est que le spectateur s'identifie au criminel, l'adaptation de la vie de Francis Heaulme à la télé opte carrément pour la chasse au criminel.
Un profond malaise envahit le spectateur du film de Nicole Garcia, tandis qu’on  se pique au jeu de l’investigation, comme devant un vulgaire épisode de Columbo, en oubliant que tout ce qui nous était raconté avait été réel : la femme poignardée sur la plage devant tout le monde, l'intelligence du serial killer, les crimes qui auraient pu être évités...bref, tout ce qui aurait du nous glacer le dos.

Le verdict

Le résultat est bon, même très bon au niveau des dialogues et de la justesse du jeu des acteurs. Il est quand même dommage que TF1 doive avoir recours à un fait divers aussi troublant, pour sortir un téléfilm de cette qualité. A bientôt donc pour « où est donc passé le petit Grégory ? », pour « j’irais cracher sur vos tombes à Carpentras », et « je m’appelle Emile Louis », la comédie musicale.

Publié dans lescahiersdelatele

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