Séries, j'ai rétréci les programmes (2/3)

Publié le par Karen Sériel


Comment traiter le thème des séries si ce n'est en feuilletons? Les séries représentent une large majorité des grilles de programmes de toutes les chaînes, loin devant les divertissements et les documentaires. Aujourd'hui, après avoir regardé les séries au travers du « Miroir aux alouettes » des chaînes satellites, et avant de finir sur le "Village idéalisé", Les Cahiers De La Télé s'est penché sur le "Paradoxe français" en matière de choix de productions.

Le PAF vit sur un premier paradoxe : alors qu’elle surconsomme de la série en format 52 minutes (voir le premier épisode), elle n’en produit que très peu.Entre 90 et 2003, 5000 heures de moins ont été consacrées à la fiction, -30% de fictions diffusées sur TF1, et 40 points de parts de marché de différence entre les fictions américaines et les fictions françaises (contre 2,4 en 90). Ce constat vaut pour toutes les chaînes.



La fine moustache, la belle voiture, l'amitié virile,
Magnum lui a tout piqué
52 minutes sans la thune
France2 fait ici figure de contre-exemple, puisque le vendredi soir est entièrement consacré à la diffusion de séries originales, françaises et policières*.
Où sont passés les "Sam & Sally", "les brigades du tigre", "l'île au 30 cercueils", "Pause Café", "Papapoule", "Mon ami Gaylord"... d'aujourd'hui? Des séries éclectiques, pour tous les goûts ou tout l’égout, convenons-en, mais qui auraient le mérite de combler cette lacune de production.
Le format 52 minutes semble très mal adapté aux « exigences » des chaînes de télé : la preuve, quand elles en diffusent en prime time, c’est souvent 2 épisodes à la suite**, et ce, depuis X Files sur M6.


Exclu : le minou de Julie Lescaut
Le PAF aime les très longues ou les très courtes.
Le 2ème paradoxe du PAF : la fiction française cartonne. En 2003, 60 des 100 plus grosses audiences de l'année avaient été réalisées par des fictions françaises de 90 min. avec des héros récurrents ou des acteurs débauchés du cinéma.Des productions, il en existe en France, qui ont leur « petit succès » : Les chaînes produisent moins de fictions en quantité, mais leur coût à la minute a vertigineusement augmenté. Résultats, les formats de 90 minutes sont les plus prisés tant par les chaînes privées que les chaînes publiques.Et les héros récurrents foisonnent : toutes les professions sont quasiment représentées : depuis la pionnière Pervenche (D Evenou), jusqu’au récent social tuteur (R Magdane). Mais aller exporter cela chez les ricains !
Les formats courts du type "Caméra café", "1 gars, 1 fille" font également la joie des programmateurs de Fr2 et M6. TF1, quant à elle, se contente de faire payer ses annonceurs, comme au bon vieux temps des soaps, via de la pub déguisée en divertissement avec "laverie de famille" et "Allo T ou" au nez et à la barbe de Papa Baudis.


Au pays de Candilis
Heureusement, on sent frémir un vent de changement. Après la réorientation un peu plus putassière de « plus belle la vie » sur FR3 ces dernières semaines, la série explose son audience –elle atteint des chiffres comparables à « c’est mon choix », c’est dire ! – et le grand mamamouchi de la série sur TF1, le grec Takis Candilis, s’est décidé à lancer plusieurs séries de format 52 minutes. La direction de TF1 a enfin remarqué qu’avec 2 épisodes à la suite, la régie publicitaire pouvait placer 3 écrans de pub dans la même soirée contre 1 seul avec les téléfilms.

Mon ami Gaylord et la souris Hauser,
avant qu'ils créent leur boite de diététique
 


* vous me direz, il y a aussi les vacances de l’amour sur TF1 (qui s’exporte d’ailleurs), et quelques initiatives sur M6, mais rien en comparaison de ce que ces chaînes concomment.
** Les experts sur TF1, PJ sur FR2, The shield sur C+, NCIS sur M6…

Publié dans Séries en série

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