2 chocs à noter vendredi soir : la disparition de Thalia, dernière femme* présente en Guyane, et lapparition de Laure Adler sur Arte. Perdue de vue, il y a 8 ans, sur France2, sulfureuse, mouillée, brune, proche des interviewés, elle revient sur Arte, usée, sèche, blonde, condescendante.
Résumons lémission pour les quelques 59 999 950 français qui y auraient échappé : Chaque mois, Laure Adler reçoit un invité du monde culturel en compagnie de 2 chroniqueurs, Ali Baddou** et le muet Nicolas Demorand dans un décor carré. Ce joyeux trio bombarde linvité, ce soir larchitecte du projet Ground Zero, Daniel Libeskind, de questions fermées obséquieuses de 3 kilomètres de long. ex : «Daniel Libeskind, vous qui avez été un professeur distingué dans tous les plus grandes universités les plus prestigieuses (sic !), vous, le génie de larchitecture davant-garde, pouvez-vous ne pas faire de compromis avec lodieux monde de largent et respecter votre idéal, de quand vous étiez enfant ? ». Vous comprendrez aisément que larchitecte, au début de lémission flatté par tant dégards, devint un peu plus méfiant, voire circonspect quant au pedigree de son interlocutrice (« Are you sure, she is the boss of France Culture ? », croit-on lire sur ses lèvres, comme un appel à laide, à la traductrice, son attachée de presse, ou un quelconque dieu présent ce soir là devant son poste). Au lieu dinterroger le créateur sur les méandres de la création, la presque totalité de linterview sera dailleurs loccasion pour lancienne égérie de lintelligentsia de la rive gauche, de balayer les différents problèmes du politiquement correct dans un style très « café du commerce » : en vrac, lhégémonie américaine, le méchant Bush, le dégoût du capitalisme, le mur construit en Israël... Ce qui laissera encore plus pantois cet architecte mondialement connu.
Néanmoins, pour se mettre à niveau de son auditoire, larchitecte « avant-gardiste » se risquera à répondre après le questionnement de Laure sur le choix de la couleur rouge pour un tableau de Burenne fait en son honneur : « le rouge, cest la couleur du ciel ». On nétait pas loin, 80 ans après Eluard, de la « terre bleue comme une orange ». Cest vous dire, le niveau de lavant-garde ce soir sur Arte.
Au fait, lémission, sans rire, sappelait « Permis de penser ». Et, pour illustrer de manière magistrale le titre de son émission, Laure termine par une question qui nous laissera sans voix : "Après avoir construit ces oeuvres magistrales, que vous reste-t-il à bâtir : L'Arche de Noé?".
En conclusion, dans cette émission, ça a beaucoup hoché de la tête, surtout du coté des interviewers pour corroborer les dires de l'invité. Heureusement que Laure Adler ne pratiquait pas la langue de bois, parce que linvité aurait à cette heure quelques échardes dans le rectum.
Etonnez-vous après que Julien Courbette batte les records daudience, le vendredi soir.
Pour plus dinfos, visitez le site de présentation de lémission, qui ne se mouche pas du coude.
http://www.arte-tv.com/fr/art-musique/permis-de-penser/Concept/640270.html
* : à seins silly-connés.
** : Extrait de sa biographie (fautes dorigine), tiré du site de lémission : « ou il enseigne la philisophie de puis quatre ans », mais visiblement pas lorthographe
Commentaires