enfin un blog qui critique la télé

 

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Mercredi 1 février 2006
Loin des icônes de la télé, les stars habituels, Success Story fulgurantes, comme Arthur, Fogiel ou Delarue, Belles plantes vertes, Laurence FerrariLumbroso, Génies comiques, Cauet (il paraît), Boccolini (avant), Ruquier, ou Figures intouchables, Ardisson, Foucault, Drucker, il reste dans le paysage audiovisuel français de la place pour le rêve pour le chomeur moyen : des présentateurs, pour qui on serait tenté de dire : "Pourquoi pas moi? Après tout, c'est pas si dur d'être présentateur, pas besoin d'être drôle, beau ou d'avoir du talent!".

Pour ravaler vos envies d'être Calife à la place du Calife, sachez que ces présentateurs ne sont pas là par hasard, mais ils sont bien le résultat d'une tentative des chaînes de nous faire saliver devant le poste, et donc  de rester accro à elles . Petit tour d'horizon de ceux qui auraient très bien pu faire un autre boulot :

1) Bruno Roblès : le VRP
Il est un mystère du recrutement chez TF1. Boosté par un certain succès rencontré lors son passage dans les émissions matinales de NRJ, il a intégré cette chaîne avec son physique de radio. Il doit être drôle, alors, pour compenser une certaine médiocrité d'apparence. Ben non, à en croire les 2 émissions qui l'ont mis sur le devant de la scène en 2005 "Incroyable mais vrai" et "La première compagnie".
Il doit avoir des idées de génie : ben non, en plus de présenter des émissions aux concepts déjà éprouvés à l'étranger, il est épaulé par des animateurs d'envergure : Roger Pierre, Sophie Favier et Jean Pascal pour "Incroyable mais vrai", Jean Pierre Castaldi, Jean Roucas et Laurence Boccolini pour la deuxième.


2) Alexandre Delperrier : le contrôleur de gestion
L'année 2005 a été son année. Alors qu'il végétait dans une des dernières émissions de callTV de France (sur M6), à présenter niaisement des petits quizzs pour débiles légers en compagnie d'une épongeuse de base, qu'on imagine bien dans quelques années distribuer des échantillons d'assouplissants à l'entrée d'un hypermarché, il a bénéficié de l'envie de M6 d'investir dans le football. Et ça tombe bien, lui, il aime bien le foot. "Comme des millions d'entre nous", serait-on tenté de dire.
Du coup, il est de toutes les retransmissions, pas en tant que commentateur, quand même, mais sur la touche, en électron libre (en neurone libre, en l'occurence pour lui) : L'OM, pour l'instant, excusez du peu, en coupe de l'UEFA, puis certains matchs de la coupe du monde.
En plus, il co-anime sur RMC-infos, l'une des émissions de radio qui fait que "Les grosses têtes" n'est plus la plus ringarde des émissions de fin d'après midi : DKP, avec Delperier, Guy Kédia -ancien commentateur de tiercés sur RTL-, et Frédérique Bangué, l'athlète et les jambes, reconvertie en paratonnerre, souffre douleur du blond girondin (on passe sur les blagues racistes, sexistes et sur le dopage qu'elle subit, c'est un mauvais procès : un peu comme pour les lancers de nain, après tout, elle a choisi). Cette émission est un peu comme la machine à café ou la soirée de fin d'année des entreprises. On découvre toujours que le contrôleur de gestion n'est pas si crispé que cela, qu'il peut se lâcher, que sa voix est trop forte, jusqu'au moment où il nous fait honte.
En tout cas, Delperier, c'est mou.

3) Charlotte Bouteloup : l'attachée de presse.
Celle là, seuls les connaisseurs savent de qui je parle. Il s'agit de la chroniqueuse cinéma de Télématin (sic!). Elle n'est pas encore au sommet de sa carrière, car, si elle n'a pas les dents qui rayent le parquet, elle dispose néanmoins d'autres arguments bucaux pour réussir à grimper dans la hierarchie de la chaîne publique.
Prototype de l'attachée de presse (d'ailleurs, elle vient souvent en plateau avec le dossier de presse du film qu'elle va chroniquer), elle raffole des superlatifs, des fausses confidences ("On rigole bien"), des gestes outranciers et autres grimaces qui font très nature. Elle peut plaire aux annonceurs, vu qu'elle n'y connaît rien au cinoche.
C'est la journaliste de demain. A imaginer aux 20heures, juste pour rire : "Encore un pétrolier qui s'est vautré au large de la Bretagne. Un conseil -clin d'oeil- allez en Bretagne pour faire le plein, mais évitez de vous baigner. En tout cas, Total a tout prévu pour que vous ne veniez plus par hasard, en proposant des petits gants jetables très pratiques, qui ne crèvent pas même si on a des ongles longs..."

La liste est longue : J'attends vos propositions pour le responsable des Ressources Humaines, le responsable de la communication, le responsable informatique...
Vendredi 9 septembre 2005
Dans son dernier roman, "Acide sulfurique", Amélie Nothomb tire à boulets rouges sur la télé réalité en imaginant un jeu du type Big Brother, qui se passerait dans un camp de concentration : des candidats y "interprètent" le rôle des prisonniers, d'autre celui de Kapos. Cette intrigue écrite au marqueur (déjà vu notamment dans le film allemand "l'expérience") vise à dénoncer bien sur la mécanique de ce type d'émissions (la belle affaire!), mais plutôt qu'incriminer les média (qu'elle déresponsabilise aisément), elle préfère pointer du doigt les bas instincts (voyeurisme, complaisance, lâcheté) de l'homme qui l'accompagne depuis le début de son humanité.  Si sa thèse est largement criticable, au regard de la jeunesse du monde civilisé par rapport aux 35000 années qui l'ont précédé, elle n'en est pas moins vouée à l'échec, tant sa dénonciation sert les émissions visées : Jon Demol, inspirateur de la téléréalité, n'a-t-il pas pour précepte : "Parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi".
Au-delà de la polémique que l'utilisation des camps de concentration a provoqué, et des livres qu'elle a permis de vendre, il est malheureusement possible de trouver cette année à la Star Academy quelques points de comparaison avec les heures les plus sombres de l'histoire européenne :




1) Le nouvel habillage du Show intègre une petite étoile jaune en bas à droite de l'écran de très mauvais goût.



  
2) Avec son clignement d'oeil, Pascal (à gauche) a des faux airs du Colonel Klink, mais son caractère fait de condescendance envers l'ennemi (les profs) et d'esprit rebelle le fait également ressembler à Hogan de Stalag13.


  
3) Les humiliations quotidiennes et répétées sont perpétrées par les professeurs ou les codétenus. Les élèves n'ont plus une parcelle d'intimité.


Heureusement, la résistance s'organise : résistance passive d'abord, car l'émission quotidienne peine à trouver une audience équivalente à l'année dernière, et résistance de l'intérieur puisque les élèves même, dont le courage n'est plus à prouver, sabotent volontairement les prime time hebdo, en massacrant leur "choré" et en chantant faux. Déjà, les occupants ont peur, et une alerte à la bombe a même obligé le traitre Nikos à se replier dans son chateau.

Continuons le combat.



 
Lundi 21 mars 2005

2 chocs à noter vendredi soir : la disparition de Thalia, dernière femme* présente en Guyane, et l’apparition de Laure Adler sur Arte. Perdue de vue, il y a 8 ans, sur France2, sulfureuse, mouillée, brune, proche des interviewés, elle revient sur Arte, usée, sèche, blonde, condescendante.

Résumons l’émission pour les quelques 59 999 950 français qui y auraient échappé : Chaque mois, Laure Adler reçoit un invité du monde culturel en compagnie de 2 chroniqueurs, Ali Baddou** et le muet Nicolas Demorand dans un décor carré. Ce joyeux trio bombarde l’invité, ce soir l’architecte du projet Ground Zero, Daniel Libeskind, de questions fermées obséquieuses de 3 kilomètres de long. ex : «Daniel Libeskind, vous qui avez été un professeur distingué dans tous les plus grandes universités les plus prestigieuses (sic !), vous, le génie de l’architecture d’avant-garde, pouvez-vous ne pas faire de compromis avec l’odieux monde de l’argent et respecter votre idéal, de quand vous étiez enfant ? ». Vous comprendrez aisément que l’architecte, au début de l’émission flatté par tant d’égards, devint un peu plus méfiant, voire circonspect quant au pedigree de son interlocutrice (« Are you sure, she is the boss of France Culture ? », croit-on lire sur ses lèvres, comme un appel à l’aide, à la traductrice, son attachée de presse, ou un quelconque dieu présent ce soir là devant son poste). Au lieu d’interroger le créateur sur les méandres de la création, la presque totalité de l’interview sera d’ailleurs l’occasion pour l’ancienne égérie de l’intelligentsia de la rive gauche, de balayer les différents problèmes du politiquement correct dans un style très « café du commerce » : en vrac, l’hégémonie américaine, le méchant Bush, le dégoût du capitalisme, le mur construit en Israël... Ce qui laissera encore plus pantois cet architecte mondialement connu.

Néanmoins, pour se mettre à niveau de son auditoire, l’architecte « avant-gardiste » se risquera à répondre après le questionnement de Laure sur le choix de la couleur rouge pour un tableau de Burenne fait en son honneur : « le rouge, c’est la couleur du ciel ». On n’était pas loin, 80 ans après Eluard, de la « terre bleue comme une orange ». C’est vous dire, le niveau de l’avant-garde ce soir sur Arte.

Au fait, l’émission, sans rire, s’appelait « Permis de penser ». Et, pour illustrer de manière magistrale le titre de son émission, Laure termine par une question qui nous laissera sans voix : "Après avoir construit ces oeuvres magistrales, que vous reste-t-il à bâtir : L'Arche de Noé?".

 

En conclusion, dans cette émission, ça a beaucoup hoché de la tête, surtout du coté des interviewers pour corroborer les dires de l'invité. Heureusement que Laure Adler ne pratiquait pas la langue de bois, parce que l’invité aurait à cette heure quelques échardes dans le rectum.

Etonnez-vous après que Julien Courbette batte les records d’audience, le vendredi soir.

 

 

Pour plus d’infos, visitez le site de présentation de l’émission, qui ne se mouche pas du coude.

http://www.arte-tv.com/fr/art-musique/permis-de-penser/Concept/640270.html

 

* : à seins silly-connés.

** : Extrait de sa biographie (fautes d’origine), tiré du site de l’émission : « ou il enseigne la philisophie de puis quatre ans », mais visiblement pas l’orthographe

Vendredi 25 février 2005

Le chantre du mou.

Patrick Mahé n'était pas content ce matin chez Morandini sur Europe 1. Il a même tapé du poing sur la table, le bougre.

Après tout, il est à la tête du plus grand "magazine d'opinion" de France, Télé 7 jours en l'occurence! Après s'être "mouillé" pour défendre Jennifer, Nolwenn et Gregory de la Star Ac' (un combat ô combien dangereux, au regard des millions de spectateurs qui ont plébiscité chaque semaine cette émission), il n'hésite pas à poser les questions qui gênent à propos de "1ère compagnie" :

- "Qui sont-ils tous ces gens qui osent dire que les recrues de la Star Ac' sont des has-been?"

- "Qui pourrait prétendre que Douchka, Hélène et le chanteur de 2B3 soient des has-been, "alors qu'ils étaient intouchables" et gagnaient bien plus alors que les maigres soldes de bidasses qu'ils perçoivent (15000 Euros par semaine quand même)?": la réponse est dans la question, Patrick!

En effet, Quel est ce débat que ce pitre en guimauve peut bien essayer de lancer? On aimerait bien se taper sur la cuisse et rigoler sur l'hypocrisie de cet homme, apôtre du réchauffé, ambassadeur du fade, roi du politiquement correct. Mais dans son plaidoyer pour les recrues, il faut simplement y voir le pathétique d'un larron en quête de racolage, qui espère flairer la bonne affaire avec des combats gratuits, alors que son journal perd doucement mais régulièrement de l'audience vs d'autres journaux plus incisifs et originaux ("TV 2 semaines" par exemple).

 

 

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